Le barrage de Moussodougou

Situé à une cinquantaine de kilomètres de Banfora, avec ses 40 millions de mètres cubes d’eau, est un ouvrage très important pour la région des Cascades. La population profite beaucoup de son eau, en fait des usages multiples pour des besoins extrêmement stratégiques à l’image de la SN-SOSUCO, de la plaine aménagée de Karfiguela, de la ville de Sidéradougou et de celle de Banfora.

Au cours des opérations de surveillance, les techniciens du barrage ont détecté des anomalies aussi bien en amont qu’en aval. Après la digue, il y a des écoulements d’eau assez inquiétants qui montrent que cet ouvrage, qui doit empêcher l’eau de couler, se fragilise. A certains endroits on constate des affaissements. C’est cet état de dégradation de la digue qui a amené le ministre de l’Agriculture et de l’hydraulique Laurent Sédogo à se rendre à Moussodougou le dimanche 7 août 2011. Il a été accompagné dans cette sortie par le gouverneur de la région des Cascades, Toukomnogo Léonard Guira, et le directeur régional de l’agriculture ainsi que des partenaires techniques. "Nous avons fait des investigations poussées et nous nous sommes rendus compte qu’il y a péril en la demeure", a dit le ministre Sédogo qui a ajouté que "Si rien n’est fait, à terme, cela pourrait créer une catastrophe d’une grande ampleur".

En effet, le barrage de Moussodougou est situé en hauteur dans les collines par rapport à toutes les installations qu’il approvisionne. En contre-bas, il y a la SN-SOSUCO, la plaine de Karfiguela et la ville de Banfora. "Si par un hasard malheureux la digue se fragilise, ce sont 40 millions de mètres cubes d’eau, donc autant de tonnes en terme de force, qui vont déferler sur toutes ces installations", s’est inquiété le ministre Sédogo pour qui ce serait un tsunami. C’est pourquoi, renchérit-il, il nous faut prendre les dispositions pour arrêter cet écoulement d’eau et éviter une catastrophe". Pourtant, la mise en œuvre de ce barrage date seulement d’une vingtaine d’années.

A la question de savoir si les travaux ont été bien exécutés, Laurent Sédogo répond qu’en matière de technique, on fait toujours des choix et dans chaque choix, il y a des avantages mais aussi des inconvénients. "Très certainement, a-t-il poursuivi, au moment où la digue se construisait, un certain nombre de critères ont conduit à ce choix technique. Mais dès que le barrage a pris de l’eau, on s’est aperçu juste un an ou deux après que, déjà, il y avait cette fuite d’eau. Les techniciens avaient cru en son temps qu’avec le phénomène de l’apport de matériau, la fuite se colmaterait. Mais, 20 ans après, on se rend compte que l’infiltration s’est même accentuée".